26. Boileau-Narcejac:
Le contrat
écrit: 1988
(169 pages)
lu en mai 2014
résultat: * OK
Ceci est notre premier choix de livre écrit en coopération par deux auteurs. Vu que le film Vertigo de Hitchcock a été basé sur un autre roman de Boileau-Narcejac, nous espérions lire quelque chose de similaire, donc beaucoup de suspense et frissons garantis.
Le début a été très prometteur: sur la première page une bombe explose et tue un président et son entourage. Le protagoniste, nommé simplement G, est témoin involontaire de cette scène, et cela le perturbe. On apprend bien vite que G est un tueur à gages en train de préparer un nouvel assassinat. Mais le coup ne se déroule pas comme prévu et il blesse un chien. La décision d'emmener le chien avec lui pour le soigner changera toute sa vie.
Au début, on avait de la sympathie pour G qui montre bien des traits d'autisme, malgré sa profession. Comme il est toujours seul, presque tout le narratif se joue dans sa tête, et, plus tard, dans les discussions avec son chien Romulus. Malheureusement, les nombreuses scènes avec le chien, bien mignonnes au début, sont devenues répétitives à la longue et on gagnait l'impression que les auteurs avaient du mal à remplir les pages sans véritable histoire à raconter. Et G, qui au début semble être bien à la hauteur et le meilleur dans son job, devient de moins en moins vraisemblable. Ses pensées et actions sont de plus en plus naïves, ce qui gâche la lecture enormément. A la page 163, son amie Patricia dit aptement: "pour la connerie, tu es imbattable", ce qui décrit G à merveille.

Plusieurs fois on s'est demandé si cela valait la peine de continuer jusqu'au bout, mais on persistait quand-même pour savoir si G et Romulus s'en sortiraient, bien qu'on n'ait pas eu trop d'espoir pour un happy-end. Ce que je reproche surtout aux personnages du livre, c'est qu'ils ne se comportent pas normalement: G fait confiance à son ex-copine même lorsqu'il apprend qu'elle travaille pour celui qui veut le tuer; cet assassin, qui a grandi dans le milieu tzigane du cirque est gêné, sinon choqué, lorsqu'il entend une femme dire "c'est de la merde"; Patricia, femme-fatale, avoue qu'elle a toujours des sentiments pour G; l'agent de police qui rend visite à G ne semble pas avoir de problème de lui dévoiler tous les détails de son enquête; et le tout culmine avec le prêtre qui arrive pour entendre la confession, voit cette femme en train de mourir, mais ne pense pas à alerter une ambulance ou la police. Au moins on a bien rigolé en lisant cette scène plus qu'absurde! Tout ce comportement serait pardonnable dans un roman surréaliste, mais dans ce polar bon-enfant il semble tout simplement mal-placé et ridicule.
Bref, on aurait peut-être dû s'en douter. Les auteurs Pierre Louis Boileau (1906-1989) et Thomas Narcejac (1908-1998) étaient déjà octogénaires lorsqu'ils ont écrit Le contrat, et, même si leurs œuvres de jeunesse apparemment étaient matériel de film pour Hitchcock, ce bouquin avait l'air d'un petit essai mignon de deux pépés âgés sur un homme pas trop malin et son chien. Qui espère lire un polar de suspens sera bien déçu.
Cette fois-ci, nous avons longtemps réfléchi après avoir terminé le livre si c'est un DISLIKE ou encore un OK, mais, comme nous avions quand-même persisté jusqu'au bout, il mérite encore un OK. Le début était quand-même très bien, mais malheureusement la dernière moitié du livre était vraiment trop répétitive, sans action intéressante et trop invraisemblable.
Extrait du livre:
Book 25 Table of Contents 1 Book 27