20. Pierre de Beaumarchais:
Le Barbier de Séville ou la précaution inutile
écrit: 1775
(92 pages)
lu en mars 2014
résultat: *** LIKE
Après avoir été déçues par le dernier
roman français, nous voulions vraiment faire mieux cette-fois-ci. Pour cela notre choix tombait sur cette pièce de théâtre classique et bien connue de Beaumarchais (1732-1799). Nous avions déjà une vague notion de l'adaptation de la pièce pour l'opéra de Mozart, et nous étions curieuses de lire le texte original.
Sans compter le
monologue d'Alessandro Baricco, qui était génial, ceci fut donc la deuxième pièce de théâtre après
Becket de Jean Anouilh, qui, elle, n'avait pas été tout à fait à notre goût. Heureusement,
Le Barbier de Séville nous a procuré à nouveau la joie de lire des comédies théâtrales.
Tout d'abord on était surpris que la pièce était vraiment très courte, comparée à d'autres pièces de théâtre. Puisqu'elle n'avait que quatre actes, nous l'avions finie en un weekend.
L'histoire est vite racontée, c'est le thème classique de la comédie: un vieillard veut forcer une jeune fille en mariage, mais celle-ci est amoureuse d'un plus jeune homme; mais grâce aux manigances d'un serviteur, le jeune couple triomphe à la fin.
Beaumarchais a très bien réussi à donner de la vie à ses caractères. On comprend vite pourquoi Figaro, le barbier éponyme de la pièce, rusé et espiègle, a eu tant de succès avec le public. Rosine, la jeune fille séquestrée, n'est pas du tout une naïve innocente qui se laisse faire, car elle donne bien la réplique à son tuteur-geôlier Bartholo. En plus, elle sait bien ce qu'elle veut, et pour obtenir sa liberté, elle fait tout pour utiliser l'amour du comte Almaviva en sa faveur. Almaviva, de son côté, est le prototype de l'amant soupirant, qui a de grandes émotions, mais qui a du mal à les restraindre pour penser à une bonne ruse pour mener son amour à bonne fin et on se demande si sans l'aide de Figaro il aurait pû gagner Rosine pour soi-même.
Ce qui est charmant, ce sont les multiples vers chantés à travers la pièce. C'est toujours une intéressante distraction lors d'une lecture à haute voix quand, soudainement, il faut inventer une mélodie pour chanter quelques lignes. On se demandait si Mozart a pris ces chansons originales pour les intégrer dans son opéra. Probablement pas.
Aussi Beaumarchais a bien su rendre sa pièce comique par le biais de ses dialogues, surtout entre Bartholo et Figaro ou encore Rosine. A mentionner ici par exemple les remarques de Figaro sur la profession du médecin, qu'on a bien aimées puisqu'elles montrent que la confiance envers la médecine au XVIIIe siècle ne différait pas beaucoup de celle d'aujourd'hui. Les répliques et à-parts cyniques provoquent bien plus de rires que les instances de slapsticks pourraient le faire. Les comédies qui ne sont soutenues que par des serviteurs stupides bégaillants sont plutôt énervantes, et heureusement, Beaumarchais s'est bien gardé d'en user trop, à part une courte scène avec les serviteurs l'Eveillé et la Jeunesse, qui tombe dans cette catégorie, et qui est quand-même comique, mais surtout parce qu'elle est courte.
Après la lecture, on s'est aperçu que Beaumarchais avait utilisé les mêmes personnages dans deux autres pièces, notamment Le mariage de Figaro et La mère coupable, qui, avec Le Barbier de Séville, forment la trilogie Le roman de la famille Almaviva. Peut-être un jour nous lirons encore la suite du jeune couple mais pour le moment nous étions impatientes de choisir un nouveau livre anglais.
Tout compte fait, Le Barbier de Séville était bien un LIKE.
Extrait du livre:
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